Liste de choses à faire en 2012
* Lire au moins vingt livres.
* Apprendre de nouveaux points de tricot.
* Retourner en Angleterre ou en Italie.
* Trouver de bonnes raisons d'écrire sur ce blog.
* Fabriquer de jolies peluches en feutrine.
* Voir un hippocampe lors d'une exploration sous-marine.
* Chercher une quinzaine de cistes, en trouver une bonne moitié.
* Obtenir un poste à titre définitif.
* Caresser un chaton.
* Voir passer une étoile filante.
* Ne pas avoir d'accident de voiture.
* Limiter à cinq le nombre de fois où l'on me prendra pour une lycéenne ou une collégienne.
* Apprendre à m'occuper de mon kalanchoe.
* Reprendre les listes des années passées et faire tout ce que je n'avais pas pu barrer.
Bilan 2011
* Découvrir l'Autriche et retourner en Angleterre. A moitié fait
* Passer le permis de conduire. Fait
* Etre titularisée. Fait
* Résister à l'envie de me créer un compte Facebook. Fait
* Commencer et finir mon mémoire. Fait
* Devenir photogénique. Fait sur 10% des photos de l'année ce qui est déjà bien
* Apprendre à cuisiner de bons petits plats.
* Assister à un match de football, de handball, de rugby et/ou de tennis. Fait pour trois quarts
* Faire du kayak.
* Apprendre la chorégraphie finale de Dirty Dancing.
* Regarder les saisons 2 et 3 de Veronica Mars et... Fait (de justesse !)
* ... chanter les vraies paroles au moment du générique de début. Fait
* Planter des tulipes.
* M'entraîner à faire des figurines en pâte FIMO.
* Manger des kiwis pour me faire des anticorps. Fait une fois
* Réduire ma scoliose de 5°.
* Avoir de l'ambition. Au vu de ce qui est barré dans la liste, je dirais "pas trop mal fait"
Bonne année à tous !
Mieux
Mieux qu'une récréation ensoleillée, qu'Antoine qui m'annonce que ce soir on mange une fondue de poireaux, que l'élimination de Florence à Koh Lanta, qu'un remplacement pour congé maternité, qu'une aventure de Superlapin payée cinquante centimes sur un vide-grenier, qu'une journée de classe sans pipi culotte, que le calendrier de l'avent Kinder en promo, qu'un autocuiseur Seb obtenu gratuitement après avoir répondu à des sondages sur internet, que Noël et que Roland Garros, il y a peu, sur une plage, j'ai trouvé un opercule d'escargot de mer pour la première fois de ma vie.
Le soleil s'enfuit comme un savon soudain qui glisse, quelle aventure, quelle aventure
Ce n'est qu'une fois mon mémoire soutenu que je prends conscience que ma vie estudiantine n'est et ne sera jamais plus qu'un souvenir vague et lointain, tout juste assez net pour me rendre un brin nostalgique en croisant quelque bande de jeunes allongés dans l'herbe des jardins de la fac aux prémices du printemps. Quand je repense à mes cinq années passées sur les bancs de l'université, je m'aperçois que je n'ai pas vraiment rempli le contrat et qu'il y aurait beaucoup de choses à regretter : je n'ai séché quasiment aucun cours, je n'ai assisté qu'à deux ou trois assemblées générales, passivement, sans jamais participer à aucune manifestation, je me suis fait très peu d'amis et ne me suis jamais assise avec eux dans l'herbe les jours de beau temps pour avoir d'interminables débats sur la symbolique de l'eau dans les romans de chevalerie ; rien ne s'est vraiment passé comme je me le figurais alors que je n'étais encore qu'une lycéenne.
Plus j'y repense et plus je me dis qu'il y avait quelque chose d'incroyablement doux à faire des études de lettres, à n'avoir rien d'autre à faire que lire quelques livres et répéter dans des dissertations ce que les professeurs nous en avaient dit en cours magistral, à découvrir en début de semestre toutes ces oeuvres que jamais l'on aurait eu l'idée d'ouvrir si ça n'avait pas été pour un cours de littérature comparée, à penser avec frayeur que l'on aurait pu passer toute une vie sans jamais lire Borges et sans avoir la moindre idée de ce dont on se serait privé, à se dire que l'on figure parmi les quelques privilégiés à avoir peut-être percé le mystère de ces deux vers de Mallarmé tout en sachant qu'il n'en est rien et que ce n'est pas grave, parce que le seul fait d'avoir essayé nous rend un peu unique, au-dessus des autres.
C'est maintenant que tout est derrière moi que me reprend l'envie de lire, d'écrire, et peut-être même de retourner un jour sur les bancs de la fac. Je crois que j'aurais pu continuer à jouer longtemps le jeu de l'étudiante, parce que mon rôle me plaisait et convenait assez bien à mon tempérament mi-paresseux mi-sérieux. A l'époque, je rêvais du jour béni où je gagnerais enfin ma vie, indépendante et libre de m'acheter ce que bon me semblerait. Maintenant que c'est chose faite et que l'excentricité de m'acheter des Kinder Pingui chaque semaine m'est passée, je me dis qu'il n'était finalement pas si terrible d'avoir les poches à moitié vide en lisant du Crébillon.
A trop peu venir ici, j'en ai oublié comment trouver un titre aux notes
J'aimerais bien avoir envie de revenir écrire ici. Je me souviens d'un temps qui commence à se faire lointain où je prenais plaisir à noter au cours de mes journées les quelques détails amusants qu'il aurait pu être intéressant de venir retranscrire ici, où lorsqu'il m'arrivait une chose particulière je me disais que tiens, il faudrait que je le raconte sur mon blog à l'occasion. Une fois ou deux pendant l'été ça m'a retraversé l'esprit, j'ai pensé que je pourrais parler de mon séjour à Cannes ou dans le Calvados, de ma mutation, de mon envie aussi irrépressible que passagère de me créer un compte Facebook... Et puis finalement, l'idée d'un come-back est repartie comme elle était venue, parce que j'ai trop attendu je crois et que quand j'attends trop, le goût de faire les choses me passe, un peu comme quand je voulais m'acheter une marionnette de ventriloque pour mes séances d'anglais et que ça m'a passé alors qu'il m'avait semblé pendant une ou deux semaines que c'était là l'idée du siècle. Alors voilà, aujourd'hui j'écris parce que, peut-être, je suis un peu triste, ou plutôt parce que c'est dimanche soir et que c'est toujours un peu triste, les dimanches soirs, et surtout, j'écris parce que c'est toujours du temps de perdu et que je ne pourrai pas utiliser pour préparer la soutenance de mon mémoire, mercredi. En vrai, je n'ai pas plus envie d'écrire ici que les autres jours, mais peut-être que j'ai davantage envie d'avoir envie et que c'est déjà quelque chose, même si Johnny Hallyday en a eu l'idée avant moi et que du coup, en écrivant tout ça, je me sens un peu bête.
De tout autre chose
En fait, la dernière fois que je suis venue ici, ce n'était pas pour écrire ce que j'ai finalement écrit. En fait, ce que je voulais écrire, c'était qu'après deux mois passés à écumer toutes les écoles de ma circonscription, j'avais fini par me poser dans une, et une très bien, avec des élèves petits et qui voulaient m'appeler "princesse". Je voulais raconter comme c'était agréable de retenir une vingtaine de prénoms en sachant que cette fois-ci c'était pour de bon, et pas pour les oublier le lendemain au profit d'une vingtaine d'autres. Je voulais dire que ça faisait quelque chose de se voir sur une photo de classe, même celle avec les collègues, expliquer comme on a vraiment l'impression d'appartenir à une équipe même si des fois, on aimerait peut-être se faire un peu oublier. Et puis je voulais mettre des mots sur le plaisir qu'il y a à reconnaître la voix de chacun tout en gardant les yeux rivés sur le tableau, et quand je dis voix il faut aussi comprendre rire, chuchotement, couinement. Par souci d'honnêteté j'aurais aussi évoqué les heures passées à préparer chaque séance, les nuits à ressasser le moindre événement de la journée jusqu'à prononcer le nom des élèves dans mon sommeil. Mais finalement, pour une raison qui m'échappe, je n'ai rien dit de tout cela. Et aujourd'hui, en revenant ici après des mois d'absence, ce n'était pas de cela que je voulais parler, c'était de tout autre chose.
Liste de choses à faire en 2011 - bilan de fin de trimestre
Déjà trois mois ont passé depuis le nouvel an et c'est à peine si je trouve aujourd'hui le temps de venir ici vous tenir informés de l'avancée de mes bonnes résolutions. Pour faire vite :
* Je n'ai toujours pas le permis mais j'ai le code, ce qui est un assez petit pas pour l'Humanité mais un plutôt grand pas pour moi.
* J'ai assité à un match de football, un de rugby et un de handball, avec toujours pour issue la victoire de l'équipe que je soutenais.
* Je ne me suis pas créé de compte Facebook et l'envie m'est presque entièrement passée.
* J'en suis à huit pages pour mon mémoire, police 12 / interligne 1,5.
* J'ai fait une galette des rois avec une préparation pour frangipane Vahiné.
* J'ai mangé un kiwi (et j'avoue que j'aurais pu mieux faire, avec de la bonne volonté).
* Ma toute première photo de classe avec mes élèves devrait bientôt m'apprendre si je suis devenue photogénique.
Et pour le reste...
