dimanche 1 novembre 2009
Quelle aventure, quelle aventure
Les cours ont repris sans que je m'en rende vraiment compte, parce que l'eau était bonne pour la baignade jusqu'au 10 octobre au moins et que les touristes ont continué d'envahir les bus régionaux encore bien au-delà. Maintenant que je mange des châtaignes en pensant à Noël, je comprends que l'été est parti sans trop le faire savoir, et c'est avec une certaine nostalgie que je remplis de shorts et débardeurs l'un des cartons de la cave. Il y aurait beaucoup à dire des vacances de la Toussaint, du mariage avec cracheur de feu intégré, de la séance d'aquagym où je suis la plus jeune, des adolescentes hystériques aux dents appareillées caressant le torse nu de Sliimy et lui criant des "je t'aime" alors que, très clairement, aucune réciprocité n'est envisageable, de la réunion Tupperware où l'on monte des blancs en neige en trente secondes sans utiliser de fouet électrique, des gens que je croise dans la rue et qui me trouvent une bonne mine, des photocopies de fiches de lecture et de coloriages magiques, mais cette phrase est déjà longue et je ne suis plus bien sûre d'en repérer la proposition principale. Ce mois de novembre, j'aurai peut-être tout un tas de perles d'enfants de sept ans à raconter, et peut-être même les appellerai-je alors "mes élèves" — mais chut, ne nous avançons pas, attendons encore un peu et écoutons La Superbe pour faire joliment passer le temps jusque là.
lundi 31 août 2009
Se souvenir des belles choses
L'eau de la Manche était fraîche, mais la beauté de l'aiguille creuse rendait cela bien dérisoire.
La barque sur le Grand Canal ne se laissait pas manoeuvrer facilement, mais une fois évités un cygne et deux canards on pouvait y contempler à loisir le Château de Versailles.
Le chaton de deux mois gardé le temps d'un week-end avait de petites dents pointues et des griffes acérées, mais ses attaques chatouillaient les doigts plus qu'autre chose.
La rentrée approche, mais de ma chambre on voit la mer.
samedi 29 août 2009
Bis repetita placent
Quand je rêve de Disneyland Paris, quand je m'aperçois que j'entre encore dans une robe taille 8 ans, quand je fabrique des libellules en perles de rocaille, quand j'apprends à mes amies à faire du tricotin, quand je vois les oursons roses sur le papier peint de ma chambre se rouler dans l'herbe et faire de la balançoire, quand j'attends Noël avec encore plus d'impatience que Roland-Garros, quand je n'arrive pas à dormir après avoir regardé Faites entrer l'accusé, quand je vais au cinéma voir Là-haut et Harry Potter, quand je m'endors lors du moindre trajet en voiture, quand je supplie mon père de m'acheter un lapin nain qu'on appellerait Léon-Joël, quand j'explique à mon petit cousin pourquoi Akwakwak n'est pas le plus fort face à Bulbizarre, quand j'enregistre Les Goonies à la télé, quand je franchis la frontière espagnole pour acheter un paquet de 125 guimauves, quand j'ai peur de nager jusqu'à la bouée pendant mes bains de mer, quand je colle un autocollant pingouin sur mon baladeur mp3 , quand j'entends ma grand-mère me parler de la guerre alors je me sens jeune, un peu, un peu et pourtant infiniment moins que lorsque la dame de la mairie me tend un formulaire pour mineurs au moment de renouveler ma carte d'identité.
lundi 10 août 2009
Passe-temps
Depuis la fois dernière il y aurait beaucoup de choses à dire, de satisfactions personnelles à exposer et de jalousies à faire naître, mais je m'en abstiendrai. Alors pour faire vite, disons d'abord que j'ai obtenu ma licence, que je me suis inscrite pour la rentrée prochaine et que, d'une certaine façon, même si la formule est trompeuse, je peux me vanter "d'être en prépa", maigre revanche sur tous mes camarades de terminale alors acceptés en maths sup. Continuons avec mon déménagement prochain, que je prépare en achetant un porte-savon canard pour la salle de bain ou bien en me confectionnant des bidules en perles pour personnaliser ce qui sera mon tout premier trousseau de clefs. Je n'épiloguerai pas sur la grande maison où je vais passer l'année, les chambres avec vue sur la mer, le sentier qui en deux minutes montre en main vous amène dans une crique à l'eau tellement limpide qu'on peut y voir à des mètres de profondeur nager des bancs entiers de petits poissons — vraiment, il y aurait quelque indécence à raconter tout cela. Passons donc, parlons plutôt d'Alexandrine et des après-midis passés à la piscine qui ne se terminent qu'à 19h devant Le quatrième duel, de Nadège et de nos crêpes chocolat-amandes dans un salon de thé aux fréquentations parfois douteuses, mais aussi, il le faut bien, d'Elise et de mon mail sans réponse. (Soit dit en passant, vous voyez que je suis honnête, et n'essaie pas d'embellir la réalité pour me rendre intéressante.) Autrement j'ai appris à faire des massages cardiaques à des mannequins en plastique, à utiliser un Défibrillateur Externe Automatisé et à appeler le SAMU ; en bref, à sauver des vies si besoin est. Et puis j'ai continué mon apprentissage du tricot...in : ma première oeuvre, une terrifiante pieuvre en laine bleu clair dont je ne suis pas peu fière, ne devrait plus tarder à voir le jour. A part cela, rien de bien intéressant, sinon que je me rapproche peu à peu d'un objectif qui me tient beaucoup à coeur : être rangée dans la catégorie "collègues" chez Señorita Ema Luna.
dimanche 7 juin 2009
Rêves secrets d'un prince et d'une princesse
C'est le temps des cerises et des premiers abricots, des baignades frileuses et du début des vacances. Il y a dix jours à peine, Marianne et moi échangeons ce qui ne manquera pas d'être notre dernier sourire, elle quittant la salle d'examen bien avant la fin du temps réglementaire, moi relisant une dernière fois pour la forme les quelques pages de ce qui doit être ma dernière dissertation. Il me semble que c'est à reculons que je quitte finalement l'amphithéâtre, avec au fond de moi ce qui sans doute s'apparente à de la nostalgie ; dehors, dans les 30°C ambiants, je ne peux pourtant m'empêcher de sourire. Je traverse les allées de cette université que je m'apprête — je l'espère — à quitter pour toujours, cette université qui n'aura jamais été véritablement la mienne et dont les chemins labyrinthiques continuent à me jouer de vilains tours même en ces premiers instants de liberté. Fidèles à notre hymne, c'est en nous gavant de pâtisseries au bord d'une mer outrageusement belle que tout commence. S'ensuivent des heures enfiévrées à suivre Roland Garros en pestant contre la médiocrité des joueurs français, à peaufiner un bronzage n'ayant d'autre but que rendre jalouse ma famille et faire grandir ma crainte des mélanomes dorsaux, à tenter de reconstituer au mélodica des chansons de Joe Dassin ou des Demoiselles de Rochefort, et à faire tout ce dont il parle bien mieux que moi d'où mon silence, parfois.
samedi 28 mars 2009
Parce que connaître les "Voyelles" d'Arthur ne suffit pas toujours
J'ai vu ma grand-mère passer des après-midis ensoleillés enfermée chez elle à tourner frénétiquement les pages de son dictionnaire dans l'espoir d'y trouver ne serait-ce que la potence, frapper chez sa voisine de palier pour le cas où elle aurait détenu la clé du mystère et même être à deux doigts d'appeler Antoine sur son téléphone portable à huit heures du soir passées pour, enfin, savoir. Mon père aussi est sur la mauvaise pente ; parfois, et de plus en plus souvent, il se couche à pas d'heure pour finir, trouver le 3-2 horizontal. On raconte même que quelqu'un se serait... pour avoir... ou plutôt pour n'avoir pas... Quant à moi, je dois bien l'avouer, il m'arrive de vouloir renoncer, déchirer la page, faire comme si elle n'avait jamais existé que dans mon imagination. Je me surprends alors à rêver d'un monde où Michel Laclos serait vendeur d'abricots sur les marchés le samedi, joueur professionnel de mélodica, que sais-je encore, n'importe quoi SAUF verbicruciste. Pour toutes ces raisons, parce qu'il me semble que c'est là une décision d'utilité publique et aussi parce que certains ont atterri ici spécialement pour cela, j'ai décidé de proposer, sur ce blog, une nouvelle fonctionnalité. Désormais, chaque semaine, je proposerai à quiconque échouera ici désespéré la solution des mots-croisés de Michel Laclos du TV Mag de la semaine en cours, ou du moins quelques indices et explications. Parce que nos voisines de palier n'achètent pas toujours TV Mag, parce qu'on aimerait bien passer nos dimanches autrement, tous ceux qui se sentent intéressés peuvent poster un commentaire sur cette note, ou s'ils n'assument pas, m'envoyer un e-mail ici. Je garantis l'anonymat comme la gratuité.
lundi 16 mars 2009
Juliette, acte dernier
Je n'ai plus l'âge de m'ennuyer au rituel goûter d'anniversaire de mon petit cousin, mais au contraire celui d'être captivée par la famille que lui, son petit frère et ses parents commencent à former. Cela me frappe un peu plus chaque fois que je les vois et je me dis que oui, c'est décidément la famille la plus heureuse que je connaisse, la plus proche du bonheur auquel j'aspire moi-même. A la différence près que ma vie à moi sera bien plus parfaite que la leur, évidemment.
Je n'ai plus l'âge non plus de m'émerveiller devant Juliette, dont personne ici ne se souvient mais qui a joué un rôle important pour moi, il fut un temps (ici et là). Ses cheveux ne sont plus aussi blonds, une dent lui manque sur le devant et le divorce de ses parents a définitivement fait d'elle une petite fille commune, même s'il y a dans cette conclusion une certaine injustice dont j'ai conscience. C'est désormais mon petit cousin lui-même qui constitue l'objet de mon admiration, parce que j'aime à penser qu'il est content de me voir, parce que ses joues sont plus éclaboussées de taches de rousseur que les miennes ne le seront jamais et parce qu'il connaît mon prénom, lui.