lundi 2 février 2009
Samedi
C'est la cloche de l'école qui
me réveille et j'en déduis : 1) qu'il doit être
8h20 ou 8h30, 2) que mon père ne s'est toujours pas plongé
dans le mode d'emploi du nouveau programmateur de sonneries, d'où ce dernier vestige du temps où les élèves
avaient cours le samedi matin. Plus tard, au marché, ça
sent le poulet jusque devant la Poste et c'est, ce me semble, une
raison suffisante pour ne pas laisser passer l'occasion de manger de
la volaille. Le panier de ma mère fume ; je presse le pas pour
rentrer me mettre à table.
Je passe une bonne partie de mon
après-midi en ville, en pèlerinage dans ces magasins
que nous fréquentions de façon presque hebdomadaire
avec Marie, il fut un temps. Quand j'y repense, je crois bien que
nous faisions du lèche-vitrine comme certains partent en
promenade, sans véritable autre but que prendre
l'air, même s'il s'agissait là de celui
surchauffé du Printemps. Nous essayions des vêtements que nous n'achetions pas, marchions jusqu'à la vitrine d'un magasin de peluches rien que pour me faire plaisir, Marie me payait le goûter, me laissait choisir tout un tas de bonbons chez Glups et cela sonnait alors comme le bonheur le plus complet. Aujourd'hui, en même temps que je refais notre parcours d'antan, je comprends que ces instants restent et resteront parmi les plus agréables de mon adolescence.
Le soir, je retrouve les strapontins
rouges de quelque salle de spectacle. Avant d'entrer, comme toujours,
il y a dans le hall une odeur de nourriture plutôt
indéfinissable. Et l'on entend à travers les cloisons
répéter le chanteur pour qui l'on est venu une heure
en avance et qui, une fois le concert achevé, prouvera qu'il y
avait de quoi. Pour faire passer le temps, mon père et moi
nous confrontons aux mots croisés de Michel Laclos, dans TV
Magazine. Nous trouvons assez
vite, et non sans orgueil, cetains mots aux définitions
alambiquées.
Il est tard quand je rentre chez
moi. Dans ma boîte mail, un message d'Alexandrine, comme une promesse : demain sera à la hauteur de la journée
qui se termine.
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